Le repos de l’esprit

N’écoute pas ce que les gens disent. N’écoute que les Paroles du Créateur. Tel est le moyen d’obtenir un esprit totalement sain et parfaitement reposé.

Cet article est tiré de notre livre : Le Livre de la Vertu

Celui qui se pense à l’abri de toute critique et reproche est fou.

Celui qui étudie avec profondeur et éduque son esprit à ne pas se reposer avant d’avoir trouvé la vérité, même si cela est douloureux au début, trouvera plus de plaisir dans la critique que dans l’éloge. En effet, s’il entend les gens faire son éloge, même si cela est mérité, il sera pris d’orgueil et sa vertu sera corrompue.

S’il entend les gens faire son éloge alors que ce n’est pas mérité, il sera satisfait, mais à tort. Il s’agit d’une grave erreur.

En revanche, s’il entend les gens le critiquer et que cela est mérité, il se pourrait qu’il corrige le comportement qui en est à l’origine. Cette critique serait alors un bienfait considérable que seul le sot pourrait ignorer. 

Quant à celui qui est critiqué injustement et se contrôle, il gagnera en mérite par sa douceur et sa patience. De plus, toutes les bonnes œuvres accomplies par celui qui le critique lui seront attribuées. Il en obtiendra le profit le Jour du Jugement, lorsqu’elles lui permettront de se tenir en bonne place au moment où il en aura besoin, alors qu’elles ne seront pas le fruit de ses propres efforts. Il s’agit là d’un bienfait suprême qu’il serait fou de mépriser.

S’il n’entend pas l’éloge des gens, ce qu’ils disent ou ne disent pas ne change rien pour lui. En revanche, l’affaire est différente en ce qui concerne leurs critiques, car il est gagnant dans tous les cas, qu’ils les entendent ou non.

Sans les propos du Prophète (paix sur lui) au sujet de l’éloge qui est une annonce anticipée d’une bonne nouvelle pour le croyant du bonheur qui a été promis[1], préférer la critique, même injuste, à l’éloge mérité aurait été un signe de sagesse. Néanmoins, ces propos ont été tenus. Le bonheur promis naîtra toujours du mérite, et non pas de l’absence de mérite. Il récompensera seulement l’objet de l’éloge, et non pas le simple fait que des éloges aient été proférés.

Il n’y a pas de différence entre les vertus et les vices, les actes d’obéissance et les actes de désobéissance, sauf dans la mesure où l’âme se sent attirée ou repoussée. 

Bienheureux est celui dont l’esprit trouve plaisir dans la vertu et les bonnes œuvres, fuyant le vice et les péchés. Malheureux est celui qui trouve plaisir dans le vice et les péchés, fuyant la vertu et les bonnes œuvres. Ceci n’est rien d’autre que l’ordre sacré des choses ordonné par la providence d’Allah, le Tout-Puissant.

Quiconque lutte pour l’au-delà est du côté des anges. Quiconque lutte pour le mal est du côté des démons. Quiconque court après la gloire et la victoire est du côté des fauves. Quiconque court après les plaisirs des sens est du côté des bêtes. Quiconque court après l’argent en tant que tel et non pas pour le dépenser dans des obligations religieuses et des actes de charité louables, est trop ignoble, trop vile pour être comparé à une bête. Il ressemble plutôt à l’eau stagnante dans des caves inaccessibles : aucun animal ne profite de la moindre goutte.

Le repos de l'esprit

L’homme sage ne tire aucune satisfaction d’une caractéristique qui le met à un rang inférieur aux fauves, aux bêtes et aux objets inanimés. Il ne se réjouit que de son progrès dans la vertu par laquelle Allah le distingue de ces mêmes fauves, bêtes et objets. Il s’agit de la vertu de la raison qu’il partage avec les anges.

Celui qui s’enorgueillit d’un courage qui n’est pas appliqué dans la bonne direction, c’est-à-dire d’être au service d’Allah Tout-Puissant, qu’il comprenne que le tigre, le lion, le loup et l’éléphant sont plus braves que lui.

Celui qui s’enorgueillit de sa force physique, qu’il sache que la mule, le bœuf et l’éléphant sont plus forts que lui.

Celui qui s’enorgueillit de sa capacité à porter des charges lourdes, qu’il sache que l’âne peut porter de plus grosses charges.

Celui qui s’enorgueillit de sa vitesse de course, qu’il sache que le chien et le lièvre sont plus rapides que lui.

Celui qui s’enorgueillit du son de sa voix, qu’il sache que de nombreux oiseaux ont des voix plus douces et que le son des flûtes est plus raffiné et enchanteur que lui.

Comment quiconque peut-il donc s’enorgueillir de qualités en lesquelles les animaux lui sont supérieurs ?

Par contre, l’homme dont la raison est forte, le savoir étendu et les œuvres bonnes doit se réjouir, car seuls les anges et les meilleurs des hommes lui sont supérieurs en ces qualités.

Allah dit (traduction relative des versets) :

« Et pour celui qui aura redouté de comparaître devant son Seigneur, et préservé son âme de la passion, le Paradis sera alors son refuge. »[2]

Ces mots englobent toutes les vertus : contrôler son âme face à la passion signifie en fait se détourner de son penchant naturel envers la colère et le désir, eux-mêmes dictés par la passion. Il ne restera ensuite à l’esprit que la raison à utiliser, qu’Allah lui a donnée, ce bon sens qui la distingue des bêtes, des insectes et des fauves.

« Ne te mets pas en colère »[3] comme l’a dit le Prophète d’Allah (paix sur lui) à un homme demandant conseil et il lui a également ordonné de traiter les autres comme il aimerait être traité. Ces deux propos englobent toute la vertu. 

En effet, le fait que le Prophète (paix sur lui) interdise toute colère implique que même si l’âme a reçu la capacité de se mettre en colère, elle doit se retenir face à cette passion. Quant à l’ordre de traiter les autres comme on aimerait être traité, il implique que les âmes doivent se détourner de la puissante force de l’avidité et du désir afin de préserver la justice qui fleurit de la rationalité, elle-même faisant partie de l’esprit raisonnable.

J’ai constaté que la majorité des gens, sauf ceux qu’Allah a protégé, et ils sont peu, se jetait éperdument dans les supplices, les inquiétudes et les fatigues de ce monde. 

Ils entassent, de plus, une montagne de péchés, ce qui signifie qu’ils entreront en Enfer dans l’au-delà et ne tireront aucun profit des intentions perfides qu’ils entretenaient avec soin, comme le fait de souhaiter une inflation des prix conduisant à un désastre touchant les enfants et les innocents, ou de souhaiter les pires épreuves à ceux qu’ils détestent.

Ils savent très bien que ces mauvaises intentions ne vont pas forcément leur apporter ce qu’ils désirent.

S’ils avaient corrigé leurs intentions, ils auraient rapidement atteint le repos de leur esprit. Ils auraient alors eu le temps de se dévouer à leurs propres affaires, tirant un grand profit de cet acte en plus du retour de leurs âmes vers Allah. Tout cela sans que la réalisation de leurs désirs soit retardée le moins du monde.

Existe-t-il une plus grande duperie que le comportement contre lequel nous mettons en garde ici ? Existe-t-il un plus grand bonheur que celui que nous mettons en avant ?

Lorsque nous méditons sur la durée de cet univers, nous la voyons limitée au moment présent. Or, celui-ci n’est rien d’autre qu’un point séparant deux périodes infinies. Le passé et le futur sont aussi insignifiants que s’ils n’existaient pas. Y’a-t-il un homme plus égaré que celui qui échange un futur éternel contre un moment qui s’écoule plus vite que le clignement d’un œil ?

Lorsque l’homme est endormi, il quitte ce monde et oublie toute joie et toute peine. S’il gardait son esprit dans le même état au réveil, il connaîtrait le bonheur parfait.Celui qui nuit à sa famille et ses voisins est plus vil qu’eux. Quiconque répond au mal par le mal est aussi mauvais que les autres. Celui qui se retient de rendre le mal est leur maître, leur supérieur et le plus vertueux d’entre eux.

Source : Le Livre de la Vertu – Éditions MuslimLife 


[1] Abu Dhar, qu’Allah soit satisfait de lui, a rapporté : « On demanda au Prophète (paix sur lui) : « Que dis-tu d’un homme qui accomplit une bonne action et que les gens louent pour cela ? ». Il répondit : « Telle est l’annonce anticipée d’une bonne nouvelle pour le croyant. » ». Rapporté par Al-Boukhari & Muslim.

[2] Sourate 79 : Les Anges qui arrachent les Âmes, versets 40-41.

[3] Rapporté par Al-Boukhari.

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